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Mar 06 2014

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L’urbanisme à Pessac 

Les font une analyse de l’urbanisme à Pessac :

La ville de Pessac est intégrée à un système communautaire : la CUB ou Bordeaux métropole et elle évolue en partenariat avec les objectifs communautaires pour une métropole régionale qui s’engage à devenir une agglomération millionnaire sous vingt ans. Cela se traduit à Pessac par une augmentation de la population qui passerait de 58 000 à 80 000 habitants en 2030 avec un objectif de création de 730 logements par an (arrêtée au 29/03/12, un point critiqué par la commission d’enquête « PLU CUB » qui regrette que cette production de logements n’aient pas été quantifiés initialement. Le choix de l’emplacement des nouveaux sites d’habitation se fait en priorité le long des axes de communication et du Tram (300 logements proches de Pessac-centre « le Lartigon »). Ces constructions se réalisent en sacrifiant les espaces naturels (empiétement sur la coulée verte entre Pessac-centre et Saige) et en portant atteinte au paysage et à « l’esprit de quartier » en habitat individuel.Cela se traduit par une densification à outrance dans certains quartiers ciblés sur l’agglomération, une augmentation des flux de déplacement pour lesquels il n’y a aucune garantie de l’adhésion du public pour les transports en commun ou les déplacements doux (pistes cyclables) au quotidien !  

Cette croissance de la ville (en lien avec les objectifs de la CUB) est-elle toujours consentie avec raison ou est-elle subie pour satisfaire les intérêts qui ne seraient pas forcément ceux des pessacais ? A en croire les rapports des comités de quartiers, cette urbanisation à outrance est subie et l’on craint que la ville se transforme en ville dortoir. Les pessacais redoutent aussi les transformations de leur ville par  :

 
  • des bâtiments plus hauts sans intégration paysagère et créant une rupture dans la cohérence du quartier (non respect de l’équilibre architectural entre l’habitat individuel dans certains quartiers et la mise en place d’un programme immobilier de 4 étages (Sardine vers Pessac-centre), banalisation de l’espace, suppression des espaces verts, altération de la zone humide du ruisseau l’Artigon, etc.).

  • une densification dans certains quartiers avec une perte d’image et une altération irréversible de leur identité. Dominique Lestynek, président par intérim du Syndicat de quartier de Pessac-bourg (mars 2013) : « … le zonage du PLU ne nous satisfait pas. La caractéristique de Pessac repose en grande partie sur ses villas, ce qui la distingue de Bordeaux. L'échoppe bordelaise ne correspond pas au modèle pessacais, pas plus que la maison de ville que l'on voudrait nous imposer ». Il parle alors de « ville subie » et énumère les inconvénients de ce type d'habitat individuel au ras du trottoir : « La nature est éliminée, les problèmes de stationnement sont accrus, car les garages sont transformés en celliers et les voitures se retrouvent sur la rue. La villa au contraire est entourée d'une verdure qui profite aussi au passant. Elle peut se décliner en immeubles. » Autre illustration sur le secteur de Magonty : « Le secteur constructible de Magonty est à 99% classé UPm, le reste du quartier est N2g, inconstructible. Cela crée une règle du « tout ou rien » sans aucune nuance entre, d’un coté de la limite la possibilité de construire sur 300m², et immédiatement en face une interdiction totale. Le quartier s’urbanise et se densifie fortement sous la seule forme de la division parcellaire sans aucune nuance ou respect du paysage et de la zone concernée. Si cette division concerne surtout les grandes parcelles du Magonty d’origine, elle gagne maintenant les premiers lotissements des années 70/80. L’identité du quartier, son paysage, son parcellaire sont négligés. Avec l’introduction du projet de PPEANP sur plus de 1000ha, cette frontière entre le constructible et le strictement inconstructible s’accentue encore et crée une tension supplémentaire. …Cet urbanisme par division ne permet pas de dégager des ressources pour compenser ses effets pervers et répondre aux besoins des habitants : banalisation d’un habitat de banlieue sans aucune considération pour l’identité du quartier (grandes parcelles et paysage arboré fort), déboisement du quartier, sans replantations par ailleurs, par exemple le long des voies.»

  • L’épannelage (harmonie entre l’habitat collectif et les maisons individuelles) n’est pas progressif et adéquat. Cette densification dans certains quartiers profite aux propriétaires fonciers et aux promoteurs immobiliers ;

  • des constructions sur des terrains de petites dimensions avec suppression d’arbres et de végétation qui ne sont pas compensés.

   

Tous ces aspects sont recensés par le Conseil de Développement Durable. Dans les pages 11 et 13 on note  « Une absence, ressentie, d’homogénéité architecturale des nouvelles constructions par rapport au tissu urbain environnant, impression de "patchwork " architectural, pas de continuités architecturales entre habitat collectif et secteurs de maisons individuelles. Banalisation architecturale des nouvelles constructions.Une densification provoquant la perte d’identité des quartiers, des constructions anarchiques, en hauteur, la suppression d’espaces verts privés, voire publics, l'imperméabilisation croissante des sols. Faiblesses constatées : des suppressions d'espaces verts privés suite à de nouvelles constructions. Tendance à la suppression des continuités espace public-espace privé et non application de la Charte paysagère notamment au niveau de la constitution des clôtures entre particuliers et en limite de l'espace public. Faiblesse de mise en valeur de l'eau dans la Ville et de la "trace" des ruisseaux du Peugue, du Madran, du Serpent et de l'Artigon. »

   

Ainsi les règlements d’urbanisme ne sont pas toujours compris par la population car la vision technocratique de la CUB oriente très souvent les aménagements futurs.

   

Les constats de certains aménagements en cours de réalisation :

 
  • densification trop importante le long de la voie de tram en direction de Pessac-centre (immeuble Le Lartigon) avec un risque évident d’un trafic plus important de voitures notamment aux heures de pointe et des difficultés de franchissement de certains carrefours à proximité ;

   
  • Le quartier arago connaît une véritable métamorphose sous l’impulsion de Domofrance qui a acheté les 611 appartements à peu près en l'état depuis leur construction dans les années 60. Certains sont touchés par la démolition (93 appartements) mais 200 logements neufs seront créés et ils s'ajouteront aux 518 réhabilités. L'offre sera donc étendue et diversifiée : locatif et accession à la propriété. Ce quartier est inscrit dans la géographie prioritaire du contrat urbain de cohésion sociale (CUCS) et se caractérise en éco-quartier d'habitat social. Cependant, après l'achèvement des travaux, en raison de l'aspect massif des bâtiments et pour accompagner la rénovation, un programme de plantation (arbres et massifs) doit se concrétiser assez rapidement sur les espaces piéton pour le bien-être des habitants

     

Pour nous citoyens pessacais, il est indispensable de partager et de débattre sur les grands projets d’avenir de Bordeaux Métropole tout en restant vigilant sur certains thèmes majeurs de développement de notre ville :

 
  • Renforcer le poids démographique et économique de la métropole sans augmenterl'enveloppe urbanisée sur certains secteurs;

  • Economiser et protéger les ressources naturelles et architecturales (typicités des chartreuses à Pessac qui sont démolies et par la suite sur ces grands terrains, on densifie) tout en anticipant les risques ;

  • Faire évoluer l'offre urbaine en tenant compte de toutes les catégories de population, dans la diversité de leurs besoins, de leurs attentes et de leurs ressources ;

  • Organiser le territoire en articulant offre de transports et urbanisation de façon adaptée et circonstanciée ;

  • Valoriser le projet de territoire grâce à la diversité des milieux naturels, agricoles, et des paysages ;

  • Conjuguer mode de vie métropolitain et cadre de vie de proximité (les habitants sont très attachés à la qualité paysagère et l’identité de leur quartier).

 

Nous citoyens pessacais souhaitons une croissance raisonnée tout en préservant l’âme de notre ville et que dans les projets d’urbanisme l’environnement soit pleinement pris en considération pour un développement durable de la ville.

 

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